Barthélémy Toguo

Barthélémy Toguo est né en 1967 à M’Balmayo au Cameroun. Après ses études dans les écoles et collèges d’Édéa et Sangmélima, il entre en 1989 à l’École nationale des beaux-arts d’Abidjan en Côte d’Ivoire, où il reçoit un enseignement académique en dessin et en sculpture. Il part en 1993 pour l’École supérieure d’art de Grenoble où il découvre l’art contemporain et aborde des pratiques plus expérimentales. La troisième et dernière étape de sa formation artistique se déroule à partir de 1998 à la prestigieuse Kunstakademie de Düsseldorf, où il a pour professeurs Fritz Schwegler et Klaus Rinke. Il y rencontre aussi Tony Cragg, Jannis Kounellis et Konrad Klapheck.

Ses premières expositions se tiennent en France, en Allemagne et en Afrique (Goethe Institut de Yaoundé et d’Abidjan). S’il s’installe en Europe, devenant citoyen français, Barthélémy Toguo reste profondément enraciné au Cameroun, où il retourne très régulièrement et où il a créé en 2004, puis inauguré en 2013, Bandjoun Station, une fondation destinée à accueillir en résidence, dans des logements-ateliers, des artistes et des chercheurs du monde entier pour développer des propositions en adéquation avec la communauté locale. La fondation présente en permanence une collection d’œuvres contemporaines réunie par l’artiste grâce à des échanges avec des confrères et des collectionneurs. Il y développe également des projets d’agriculture dans un esprit de développement durable et sain.
Dès la fin des années 1990, les œuvres de Barthélémy Toguo sont remarquées par plusieurs critiques et conservateurs qui l’invitent dans de grandes manifestations : Hans Ulrich Obrist en 1999 pour Migrateurs (ARC, Paris), Jean-Hubert Martin en 2000 pour Partage d’exotismes (Biennale de Lyon) et Pierre Restany en 2001 pour Political Ecology (White Box, NewYork).

Barthélémy Toguo devient alors un artiste globe-trotter participant à de très nombreuses biennales ou triennales aux quatre coins du monde. Il étend sans cesse l’éventail et la dimension de ses créations, abordant la photographie, la vidéo, l’installation, l’estampe, la performance…, et produisant des œuvres qui mêlent avec grande liberté de multiples techniques. Il développe diverses séries comme Transit ou Purifications, sculpte des
« tampons » de bois où il enregistre le bruit et la fureur du monde qu’il imprime sur papier et qui deviennent ses œuvres « signature ». Il a aussi initié un projet sur plusieurs années, Head Above Water, qui l’amène à se rendre sur les lieux d’un violent conflit ou d’un massacre pour faire réagir les populations locales qui l’ont subi (Pristina, Hiroshima, Rwanda, Johannesburg, Arménie…).
Barthélémy Toguo n’est pas un artiste enfermé dans une tour d’ivoire; son œuvre traduit ses préoccupations devant l’évolution de son pays, de son continent et de la Terre entière. Relisant les bouleversements actuels du monde au travers de son imaginaire ainsi qu’au moyen de vieux mythes qu’il réactualise, mixe et entrechoque, il propose des œuvres dont il souhaite qu’elles puissent parler à l’ensemble de l’humanité.

En 2015, Barthélémy Toguo est invité par Okwui Enwezor à participer à la Biennale de Venise, avec All the World’s Future . En 2016, Barthélémy Toguo fait partie des quatre artistes nommés pour le prix Marcel Duchamp et, à cette occasion, a présenté une installation au Centre Pompidou d’octobre 2016 à février 2017.




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